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HOP-LÀ NOUS VIVONS!

AUTEUR : Ernst Toller

MIS EN SCENE : Christophe Perton

HOP-LÀ NOUS VIVONS! - Compagnie indépendante – théâtre, scénographie, opéra, cinéma (Rhone Alpes)

Hop là, nous vivons! est la première pièce que j'ai écrite « en liberté ». C'est à nouveau le choc d'un homme qui veut à tout prix réaliser l'absolu dès aujourd'hui, avec les énergies de l'époque, avec ses contemporains, parmi lesquels certains renoncent à agir, par fai­blesse, par traîtrise, par lâcheté, alors que d'autres engagent leur force, leur foi, leur courage, pour atteindre ce but dans l'avenir.

Karl Thomas ne comprend ni les uns ni les autres, considère leurs actes et leurs motifs comme équivalents et succombe.

De nos jours, plu­sieurs critiques et spectateurs, éloignés de l'art véritable par la mode américaine infantile du happy end, exigent de l'auteur dramatique­ ce qui n'est pas sa tâche - qu'il termine sa pièce par ces dictons naïfs que nos parents faisaient peindre sur des coussinets, des assiettes, des insignes, du genre: « Sois toujours honnête et fidèle», « Ignore ce que les autres font, occupe-toi de tes oignons », « Porte le soleil dans ton cœur », ou comme Durus l'écrivait dans le numéro 134 du Drapeau rouge (année 1934) : «Allons avec l'air vivifiant de la lutte des classes dans l'air vivifiant de la nature ».

Les fonctionnaires du culte prolétaire et les critiques feuilletonistes des journaux capita­listes, que leur mauvaise conscience et leur désir éternel de passer dans toutes les rubriques du journal rendent plus exigeants en matière de révolution que ceux qui agissent en révolutionnaires, jugèrent que la fin de la pièce (qui dans la vie réelle s'est produite plusieurs fois et se reproduira encore) n'est pas «révolutionnaire» parce qu'elle ne comporte pas de petits pamphlets moraux ni d'appel du genre: «Vive la ligne politique No 73 ! »

Aujourd'hui je regrette d'avoir, sous l'influence d'une mode, modifié la conception de l'œuvre originale pour complaire au metteur en scène. La forme vers laquelle elle tendait à l'origine était plus forte que celle qui fut montrée.

C'est moi seul qui en porte la responsabilité, mais j'ai compris la leçon, et je préfère aujourd'hui que le metteur en scène tire trop peu d'une œuvre plutôt que d'en rajouter. D'ailleurs Piscator n'a vraiment aucun motif de se plaindre de moi et de mon style comme il le fait dans Le Théâtre politique.

Lorsque nous avons adapté la pièce, trois fins me paraissaient possibles, mais en aucun cas le « retour en prison de plein gré» que ce livre m'attribue sans scrupule. Dans la première version, Thomas, désemparé face au monde de 1927, court dans un asile voir un psychiatre et s'aperçoit lors de son entretien avec le médecin qu'il existe deux genres de fous dangereux, les uns enfermés dans dès cellules, les autres, politiciens et militaires, se déchaînant contre l'humanité. Alors, il comprend ses anciens camarades qui mènent pour l'idée une lutte tenace de tous les jours, il veut quitter l'asile d'aliénés; mais parce qu'il a compris, parce qu'il a, face à la réalité, acquis le comportement d'un homme mature, le fonctionnaire psychiatrique ne le laisse plus partir, sous prétexte que c'est maintenant seulement qu'il est devenu un « danger public » ; auparavant, il n'était qu'un rêveur gênant.

Ernst Toller

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Calendrier :

du 16 au 20 avril et du 14 au 16 mai 2007  Comédie de Valence

du 24 avril au 5 mai 2007 Comédie de Genève

les 10 et 11 mai 2007 Maison de la Culture d'Amiens

du 8 au 11 janvier 2008 Comédie de Valence

du 15 au 19 janvier 2008 TNP de Villeurbanne

du 6 au 23 février 2008 Théâtre de la Ville - Paris

du 25 au 28 mars 2008 Comédie de St Etienne

Distribution :

Texte
Adaptation et mise en scène Christophe Perton
A partir de la traduction de César Gattegno et Béatrice Perregaux

Avec

Gauthier Baillot, Yves Barbaut

Juliette Delfau, Anne Durand

Aurélie Edeline, Ali Esmili

Vincent Garanger, Frédéric Jacot-Guillarmod

Pauline Moulène, Anthony Paliotti

Nicolas Pirson, Samuel Theis

Roland Vouilloz – reprise de rôle par Olivier Werner

Assistante : Aurélie Edeline
Conception et réalisation vidéo : Bruno Geslin et Clément Martin
Création lumières : Thierry Opigez
Création son : Frédéric Bülh
Création costumes : Paola Mulone
Scénographie d’après un projet de Mlgorzata Szcesniak
Assistanat, maquettes et suivi Diane Thibault
Création maquillage : Véronique Désir
Création masques : Cécilia Delestre
Dramaturgie : Pauline Sales

Production comédie de valence. Coproduction Comédie de Genève, Théâtre de la Ville, TNP. Avec le soutien de pro Helvétia et la participation artistique de l’ENSATT